( AFP / JACK GUEZ )
Les défaillances d’entreprises en France ont progressé de 6,4% au premier trimestre sur un an, pour atteindre 18.986 procédures, un niveau qui porte à 71.100, un record, le nombre de défauts sur douze mois glissants, selon une étude publiée mardi par le cabinet Altares.
Ce trimestre est marqué par une forte hausse des redressements judiciaires (+13,6% par rapport au premier trimestre 2025, avec 5.767 procédures), tandis que les liquidations progressent plus modérément (+3,6% avec 12.836 procédures). Les procédures de sauvegarde restent marginales, avec seulement 383 ouvertures, en augmentation de 2,7%.
La hausse des défauts est la plus marquée chez les jeunes entreprises installées depuis moins de trois ans (+14%).
Selon Altares, 75.350 emplois sont menacés par les défaillances du trimestre, un record depuis la crise de 2009.
Si la situation s’améliore pour les entreprises d’au moins 100 salariés, les PME de 20 à 99 salariés enregistrent une dégradation (+12,1%). Les microentreprises de moins de trois salariés concentrent trois quarts des défauts (+11,2% sur un an). En revanche les TPE de 3 à 9 salariés résistent, avec une baisse de 6,7% des défaillances, et de 12,1% pour les PME de 10 à 19 salariés.
La construction est stable en apparence (+1,7%), mais avec des disparités: une baisse des défaillances dans le gros oeuvre (-9%), mais une hausse dans le second oeuvre (+8%).
Dans le commerce, les améliorations du premier trimestre 2025 ont été effacées. Les défaillances chez les détaillants augmentent de 3,7% et celles chez les grossistes de 3%, alors qu'elles étaient en recul l'an dernier.
L'industrie résiste, avec quelques fragilités, notamment dans l'agroalimentaire (+8,6%) ou les matériaux de construction (+12,3%).
Les défauts s'accélèrent dans les services, tant les services aux entreprises (+11,7%) qu'aux particuliers (+17%).
Le secteur des transports enregistre une hausse de 12,9% des défaillances, celles dans la restauration se stabilisent (-0,4%).
Enfin l'agriculture enregistre un des plus mauvais chiffres sectoriels avec une hausse de 23% des procédures.
Le directeur des études Altares, Thierry Millon, remarque dans le communiqué que "le recours préventif" au tribunal de commerce "demeure marginal", avec 1.500 procédures de sauvegarde ouvertes en un an.
Il encourage à "pleinement soutenir" la Charte de confiance lancée en février par le gouvernement, qui incite les interlocuteurs des entreprises (banques, experts comptables...) à sonner l'alerte auprès d'elles dès les premiers signaux de mauvaise santé.
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